L'intérêt que l'on manifeste dans sa jeunesse à la philatélie ne cesse de s'accroître.
Franklin D. Roosevelt

Retour à l'envoyeur

Où l'on juge un courrier à son enveloppe.

Dans l'auberge où il séjourne, le fonctionnaire des postes Rowland Hill assiste à un étrange spectacle. La serveuse regarde sous toutes les coutures une lettre qu'elle vient de recevoir. Puis, d'un geste au coursier, la renvoie sans l'ouvrir.

Il faut dire qu'à l'époque c'est au destinataire de payer pour réceptionner une lettre. Et tout le monde n'en a pas les moyens, surtout que le coût peut vite grimper avec la distance. Selon la légende, Hill, touché, a alors offert à la serveuse de payer pour elle. Mais à sa grande surprise, cette dernière refuse. Eh oui, son fiancé et elle utilisent en fait l'enveloppe pour s'écrire des messages codés et correspondre ainsi gratuitement.

Le Britannique se doute bien que cette technique de fraude est largement répandue. Pour lui c'est sûr : le système est défaillant ! Et chaque coursier revenant bredouille coûte très cher au pays. En 1840, Hill a donc l'idée de facturer l'envoi à l'expéditeur, au moyen de vignettes postales. Et pour faciliter le tout, il fait abaisser le prix au tarif unique de 1 penny, quelle que soit la distance. C'est ainsi qu'est créé, en Grande-Bretagne, le One Penny Black : le tout premier timbre au monde.

 Il s’agit d’un timbre noir et sépia sans dentelures, figurant le buste d’une jeune femme couronnée de profil encadrée par des motifs entrelacés

One Penny Black, 1840