À chaque naissance de baleine, la mer fait une vague.
Sylvain Tesson

Tu me pompes l'air !

Où l'on découvre des puits de 200 tonnes.

Photo : Evadb

2019. Des économistes du Fonds monétaire international (FMI) travaillent depuis quelques semaines en étroite collaboration avec des biologistes spécialistes des baleines. Mais que peuvent-ils bien trafiquer ensemble ?

Ils se sont lancé un défi de taille : évaluer l’impact des baleines sur le climat ! Eh oui, ces mammifères marins ont en effet un rôle essentiel dans la captation du dioxyde de carbone (ou CO2). Ce fameux gaz à effet de serre qui, en grande concentration dans l’atmosphère, favorise le réchauffement climatique.

Tout comme les arbres, les baleines absorbent et stockent de grandes quantités de carbone, et ce tout au long de leur vie. Principalement en se nourrissant de plancton, ces petits organismes microscopiques qui vivent en suspension dans l’eau de mer. Plus la baleine est grande, plus elle vit longtemps et plus elle va stocker du carbone. Ainsi, à leur mort, le corps des baleines va s’enfoncer dans les profondeurs, piégeant pendant plusieurs millions d’années cette réserve de carbone. On parle de « puits de carbone ». Mais ce n’est pas tout. Les baleines ont plus d'un tour sous leurs nageoires : elles favorisent la captation de carbone grâce à… leurs excréments !

Au gré de leurs migrations, elles sèment en effet derrière elles de grandes quantités de matière fécale. Or cette dernière contient des nutriments dont raffole le plancton. Plancton qui lui-même, capte le CO2 de l’air et libère du dioxygène (O2) !

La baleine est donc un allié de choc dans la lutte contre le réchauffement climatique. Les scientifiques et les économistes ne sont d'ailleurs pas les seuls à s'y intéresser, les philatélistes aussi rendent hommage à ce mammifère fascinant.

Timbres Baleines, Islande, 2001