Quand je me tiens devant une toile, je ne sais jamais ce que je vais faire, et je suis le premier surpris par ce qui sort.
Joan Miró

Une double réussite !

Où l'on rencontre un petit oiseau qui a parcouru beaucoup de kilomètres.

Carl Van Vetchen, Portrait de Joan Miró à Barcelone, 1935, Library of Congress, Prints & Photographs Division, Carl Van Vechten Collection, Washington

1974, le peintre espagnol Joan Miró reçoit une commande très particulière. On lui demande de réaliser une œuvre sur le thème de son choix, mais à une condition : le format ne doit pas dépasser 5,3 x 4,8 cm. C'est précis et… franchement petit !

Du jamais vu pour l'artiste, plutôt adepte des larges aplats de peinture. Mais Miró ne peut refuser une telle proposition. Et pour cause, le commanditaire n'est autre que la Poste française. Eh oui, c'est en fait un timbre-poste que le peintre a pour mission d'illustrer. Pas question de prendre ce défi à la légère, le timbre sera ensuite tiré à des millions d'exemplaires.

Bien qu'il ait carte blanche pour le sujet, Miró choisit de représenter le logo de la Poste, le fameux oiseau flèche. L'Espagnol fait ainsi d'une pierre deux coups, l'oiseau étant également un symbole de liberté. Les couleurs utilisées sont quant à elles très vives, comme à son habitude. Or il y a un hic… jusqu'ici reproduire cet effet sur un timbre était tout bonnement impossible.

Mais c'est sans compter sur l'héliogravure, une technique d’impression récemment adoptée par la Poste. Et c'est d'ailleurs grâce à ce nouveau procédé qu'est née l'idée d'un partenariat avec Miró. Le résultat ? À la hauteur des attentes de l'artiste ! Et ce tout premier timbre-œuvre d'art n'est pas pour déplaire aux Français qui le feront voyager près de sept millions de fois.

Il s’agit d’un timbre avec une illustration en aplats de couleurs (bleu, rouge, jaune, vert, noir) représentant un oiseau abstrait en plein vol

Timbre ARPHILA 75 Paris, Joan Miró, 1974 / © Successió Miró / ADAGP, Paris, 2020